Pr Gilbert Marie Aké N’Gbo

Portrait
Pr Aké Gilbert Marie N’Gbo
Quarante ans de salles de cours, quatre mois à la Primature. On retient souvent les quatre mois.
- Profession
- Économiste, professeur titulaire, enseignant-chercheur
- Spécialité
- Économétrie, statistique, économie de la régulation
- Aujourd’hui
- Président de l’ASCAD depuis juillet 2024
- Naissance
- 8 octobre 1955 à Abidjan
- Lien avec Anyama
- Origines familiales, à préciser
Il a dirigé une quarantaine de thèses, siégé dans plus de soixante-dix jurys, formé des économistes d’Abidjan à Ouagadougou. Et pourtant, quand on prononce son nom, beaucoup ne retiennent que quatre mois de l’hiver 2010.
Aké Gilbert Marie N’Gbo est né le 8 octobre 1955 à Abidjan. Marié, père de quatre enfants. Sa spécialité s’appelle l’économétrie : appliquer les mathématiques et les statistiques à l’analyse des faits économiques — la croissance, les prix, l’emploi, la productivité d’une industrie, la performance d’une entreprise.
C’est un métier discret, qui se pratique dans des amphithéâtres et des revues à comité de lecture. Il l’a exercé pendant plus de quarante ans.
Comment écrire son nom
Sa fiche d’état civil, publiée par l’ASCAD, indique : nom N’GBO, prénoms Aké Gilbert Marie. La presse écrit indifféremment « Gilbert Aké N’Gbo », « Aké Gilbert Marie N’Gbo » ou « Aké N’Gbo ».
La forme la plus fidèle à l’état civil est Aké Gilbert Marie N’Gbo. C’est celle retenue ici.
Toulouse, deux fois
Après ses premières études en Côte d’Ivoire, il part à Toulouse. Il y passe deux doctorats, à huit ans d’intervalle.
- 1983Doctorat de 3e cycle en économie mathématique et économétrieUniversité de Toulouse, décembre 1983
- 1991Doctorat de sciences économiquesUniversité de Toulouse, octobre 1991
- 1993Agrégation de l’enseignement supérieurCAMES, sciences économiques, spécialité statistique et économétrie
- 1998Professeur titulaireLe grade le plus élevé de la carrière universitaire
Il n’a pas attendu le second doctorat pour enseigner. Dès 1984, il est assistant à la faculté des sciences économiques de l’université d’Abidjan, où il enseigne l’économétrie, la microéconomie, les statistiques, les mathématiques financières et la méthodologie de la recherche.
Un formateur de formateurs
C’est peut-être le chiffre le plus parlant de sa carrière : une quarantaine de thèses dirigées, plus de soixante-dix jurys de thèse. Abidjan, Bouaké, Dakar, Yaoundé, Ouagadougou, Cotonou, mais aussi Toulouse, Liège, Versailles, Clermont-Ferrand.
Il a enseigné à Dakar, à Yaoundé II, à Douala, à Bouaké, à l’École nationale d’administration d’Abidjan, à l’École multinationale supérieure des postes. Des dizaines d’enseignants, de chercheurs et de cadres africains sont passés par ses cours ou par ses jurys.
Côté recherche, il a travaillé au CIRES et au Centre de recherche microéconomique du développement, dirigé la Cellule d’analyse de politiques économiques du CIRES, et été chercheur associé à Liège, invité à Montréal et à Grenoble. Ses dix-huit publications recensées portent sur l’efficacité productive des entreprises, la productivité de l’industrie ivoirienne, l’agriculture face aux ajustements structurels, et surtout la régulation des services publics — l’eau, l’électricité, l’accès de tous aux infrastructures essentielles.
Il a aussi présidé le comité scientifique du prix Abdoulaye Fadiga de la BCEAO et celui de la Revue économique et monétaire de la banque centrale.
À la tête de Cocody
Doyen de l’UFR des sciences économiques et de gestion de 2001 à 2007, il devient en mai 2010 président de l’université d’Abidjan-Cocody, aujourd’hui université Félix-Houphouët-Boigny.
L’établissement traverse alors une période difficile : trop d’étudiants pour les locaux, des années académiques régulièrement perturbées, un encadrement à renforcer. Ceux qui l’ont côtoyé le décrivent comme méthodique, rigoureux, attaché au calendrier académique.
Quatre mois à la Primature
En décembre 2010, au lendemain d’une élection présidentielle dont le résultat est contesté, Laurent Gbagbo le nomme Premier ministre, chef du gouvernement et ministre du Plan et du Développement.
Le pays compte alors deux gouvernements rivaux. Laurent Gbagbo installe Aké N’Gbo à la Primature ; Alassane Ouattara maintient Guillaume Soro dans la même fonction. Chacun des deux camps se réclame de la légitimité présidentielle. Le gouvernement dirigé par Aké N’Gbo exerce donc dans un cadre exceptionnel et contesté, de décembre 2010 à avril 2011.
Après l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, les actes de ce gouvernement sont annulés par ordonnance des nouvelles autorités. Aké N’Gbo annonce la fin de son gouvernement et appelle à l’apaisement.
Quatre mois. Sur une carrière de plus de quarante ans, c’est peu. C’est pourtant ce que retient d’abord une partie du public.
Le retour par l’Académie
Passé la crise et les procédures judiciaires qui l’ont suivie, il revient à ce qu’il n’avait jamais vraiment quitté : la science et l’enseignement.
Le 20 juin 2024, la liste qu’il conduit avec le professeur Yacouba Konaté remporte le collège électif de l’ASCAD, face à celle des professeurs Jacqueline Oble et Jérémie Kouadio. La passation de charges avec son prédécesseur, Antoine Asseypo Hauhouot, a lieu le 1er juillet 2024, sous la présidence du professeur Saliou Touré.
L’ASCAD — Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines — est une société savante créée par décret en septembre 2003 et rattachée à la présidence de la République. Elle réunit scientifiques, écrivains, philosophes, artistes et inventeurs. Aké N’Gbo en est le cinquième président, après Harris Memel-Fotê, Barthélémy Kotchy, Daouda Aidara et Antoine Asseypo Hauhouot. Le mandat court sur trois ans, renouvelable une fois.
Et Anyama dans tout ça ?
Disons-le franchement : le lien avec la commune demande à être établi. Il est né à Abidjan, sa fiche officielle le confirme. Ce qui rattache le professeur Aké N’Gbo à Anyama tient à ses origines familiales, dans l’aire culturelle atchan et akyé, et à des attaches signalées du côté de Songon M’Brathé et de la zone Anyama-Akoupé.
Des publications de presse le présentent comme un natif d’Anyama-Akoupé et évoquent son engagement passé auprès d’une mutuelle de jeunes fonctionnaires d’Anyama. Ces éléments méritent d’être confirmés : son village exact, son histoire familiale, ce qu’il a mené ici.
Reste ce que son parcours peut dire aux jeunes de la commune, et qui n’a rien d’anodin. On réussit aussi par les mathématiques, les statistiques et la recherche. Sa trajectoire est un argument que peu de communes peuvent avancer, et Anyama gagnerait à s’en servir — conférence, concours d’excellence, prix communal en mathématiques ou en économie.
À retenir
Ce qui est établi, ce qui reste à vérifier
- ÉtabliNé le 8 octobre 1955 à Abidjan. Deux doctorats de Toulouse, agrégation CAMES 1993, professeur titulaire depuis 1998. Président de l’Université de Cocody en 2010, Premier ministre de décembre 2010 à avril 2011, président de l’ASCAD depuis juillet 2024.
- À vérifierSon village d’origine dans la commune, son histoire familiale et les actions qu’il aurait menées à Anyama.
Ce portrait est établi à partir de sources publiques : fiche d’état civil et biographie publiées par l’ASCAD, communications de la présidence de la République, comptes rendus de presse ivoirienne et documents universitaires. Le lien du professeur Aké N’Gbo avec Anyama repose sur des origines familiales signalées par la presse et n’a pas pu être établi avec précision : il est présenté ici comme tel. Sa nomination à la Primature en décembre 2010 est rapportée dans son contexte historique, sans prise de position sur la crise de 2010-2011. La rubrique « Qui est qui ? » reste ouverte aux compléments et aux corrections des personnes portraiturées.
Repères
- 8 oct. 1955Naissance à Abidjan.
- 1983Doctorat de 3e cycle en économie mathématique et économétrie, université de Toulouse.
- 1984Assistant à la faculté des sciences économiques de l’université d’Abidjan.
- 1991Doctorat de sciences économiques, université de Toulouse.
- 1993Agrégation de l’enseignement supérieur du CAMES.
- 1998Professeur titulaire.
- 2001-2007Doyen de l’UFR des sciences économiques et de gestion, Abidjan-Cocody.
- Mai 2010Président de l’université d’Abidjan-Cocody.
- Déc. 2010Nommé Premier ministre par Laurent Gbagbo, dans le contexte de l’élection présidentielle contestée.
- Avril 2011Fin de son gouvernement après l’arrestation de Laurent Gbagbo.
- 20 juin 2024Élu président de l’ASCAD avec le professeur Yacouba Konaté.
- 1er juil. 2024Passation de charges avec le professeur Antoine Asseypo Hauhouot.
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